Comment fonctionne l'INAMI pour une infirmière indépendante ?

Dans mon article sur la tarification infirmière en Belgique, je me suis concentrée sur un aspect précis : comment sont calculés vos honoraires. Mais l'INAMI, ce n'est pas que ça : c'est l'institution qui encadre toute votre pratique en tant qu'infirmier·ère indépendant·e, de votre tout premier numéro à votre relation contractuelle avec les mutuelles, en passant par les primes auxquelles vous avez droit.

Je vous propose donc de prendre un peu de recul et de voir, dans son ensemble, comment fonctionne l'INAMI pour une infirmière ou un infirmier indépendant·e.

Qu'est-ce que l'INAMI, concrètement ?

L'INAMI (Institut national d'assurance maladie-invalidité) est l'organisme public qui organise l'assurance maladie-invalidité obligatoire en Belgique. Pour les infirmier·ères, il joue plusieurs rôles à la fois :

  • il délivre le numéro INAMI, indispensable pour attester des soins remboursables ;

  • il fixe, avec les représentants de la profession, la nomenclature et les tarifs des soins infirmiers ;

  • il gère le conventionnement, c'est-à-dire votre engagement à respecter ou non ces tarifs ;

  • il octroie certaines primes aux infirmier·ères qui remplissent des conditions précises ;

  • il assure aussi une mission de contrôle, pour vérifier que les prestations facturées correspondent bien aux soins réellement dispensés.

Le point de départ : le visa et le numéro INAMI

Le visa du SPF Santé publique

Avant même de parler d'INAMI, il y a une étape obligatoire pour tout infirmier ou infirmière en Belgique : le visa, délivré par le SPF Santé publique. C'est en quelque sorte votre autorisation légale d'exercer, que votre diplôme soit belge ou étranger (avec, dans ce dernier cas, une procédure de reconnaissance supplémentaire).

Le numéro INAMI

Une fois le visa obtenu, vous pouvez introduire une demande de numéro INAMI. Ce numéro, composé de 11 chiffres (dont les 8 premiers restent identiques tout au long de votre carrière), est ce qui vous permet d'attester des soins remboursables par l'assurance maladie. Sans lui, impossible de facturer une prestation à une mutuelle.

INAMI et statut social : deux choses à ne pas confondre

C'est une confusion fréquente chez les infirmier·ères qui démarrent : le numéro INAMI concerne votre pratique de soins et votre facturation, mais votre statut social d'indépendant·e est géré séparément, par une caisse d'assurance sociale (sous la tutelle de l'INASTI, et non de l'INAMI). C'est cette affiliation sociale qui détermine vos cotisations sociales, votre couverture en cas de maladie ou d'incapacité, et vos droits à la pension. Les deux démarches sont indispensables, mais elles ne répondent pas aux mêmes obligations ni aux mêmes organismes.

Le conventionnement : votre relation contractuelle avec l'INAMI

Chaque année, une convention nationale est négociée entre l'INAMI et les représentants des infirmier·ères. En y adhérant, vous vous engagez à respecter les tarifs officiels en échange d'une prise en charge optimale de vos patients par leur mutuelle (je vous en parle plus en détail dans mon article sur la tarification).

Quelques repères pratiques sur ce conventionnement :

  • l'adhésion (ou le refus) se fait généralement avant le 15 février de l'année concernée ;

  • pour certains avantages liés au conventionnement, un seuil minimal d'activité ambulatoire est exigé (de l'ordre de 12 400 € par an, montant indexé chaque année) ;

  • sans démarche de votre part, votre statut antérieur est en principe reconduit d'une année sur l'autre.

Les primes INAMI auxquelles vous pouvez avoir droit

En tant qu'infirmier·ère conventionné·e et active, plusieurs primes existent pour soutenir votre pratique :

La prime de convention

Réservée aux infirmier·ères conventionné·es qui respectent le seuil d'activité requis, elle s'élevait à 538,66 € (montant 2024, indexé chaque année). Bonne nouvelle : elle est généralement versée automatiquement, à condition d'avoir bien enregistré vos coordonnées bancaires sur le portail ProSanté.

La prime télématique

Elle récompense l'utilisation d'un logiciel agréé et des outils numériques de l'INAMI (comme MyCareNet) pour votre facturation. Son montant était de 800 € (2024), sous réserve de conditions d'activité minimales. La demande doit généralement être introduite avant le 31 octobre de l'année suivante.

L'intervention pour la formation continue

Elle vise à soutenir votre formation continue, avec un montant de l'ordre de 175 €, sur demande à introduire avant le 15 septembre de l'année suivant la formation suivie.

Ces montants sont indexés et les conditions peuvent évoluer d'une année à l'autre : je vous recommande de vérifier les montants en vigueur sur le portail ProSanté ou le site de l'INAMI avant d'introduire une demande.

Le contrôle de l'INAMI : ce qu'il faut savoir

L'INAMI dispose d'un service d'évaluation et de contrôle qui peut vérifier la conformité entre les prestations facturées et les soins réellement dispensés. Ce n'est pas une raison de s'inquiéter au quotidien, mais plutôt une bonne raison de garder une facturation rigoureuse et des dossiers de soins à jour : conservation des dossiers patients pendant les délais requis, codes de nomenclature corrects, et justification des forfaits attribués (notamment via l'échelle de Katz).

Les autres démarches à ne pas oublier

En plus de votre numéro INAMI, votre installation en tant qu'indépendant·e implique quelques démarches complémentaires : l'inscription à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE), l'ouverture d'un compte bancaire professionnel dédié, l'affiliation à une caisse d'assurance sociale, et la création d'un certificat eHealth pour sécuriser vos échanges électroniques (MyCareNet, e-attest...).

Ce qu'il faut retenir

L'INAMI ne se limite pas à fixer vos tarifs : c'est l'institution qui encadre votre numéro professionnel, votre conventionnement, certaines primes bienvenues pour votre activité, et un contrôle de conformité qu'il vaut mieux anticiper que subir. Entre le visa, le numéro INAMI, l'affiliation sociale et les échéances de primes à ne pas rater, la charge administrative de départ (et de suivi) est réelle.

Un accompagnement pour ne rien laisser passer

Entre les échéances de primes, le renouvellement de votre conventionnement et le suivi rigoureux de votre facturation, il y a de quoi s'y perdre. Si vous préférez vous concentrer sur vos soins plutôt que sur ces échéances administratives, je vous propose un appel découverte gratuit et sans engagement pour voir ensemble ce que je peux prendre en charge pour vous.

FAQ – L'INAMI pour une infirmière indépendante

Le numéro INAMI et le statut d'indépendant·e, est-ce la même démarche ? Non : le numéro INAMI vous permet d'attester des soins remboursables, tandis que votre statut social d'indépendant·e est géré par une caisse d'assurance sociale, sous la tutelle de l'INASTI.

Est-on obligé de se conventionner en tant qu'infirmier·ère indépendant·e ? Non, ce n'est pas obligatoire, mais la grande majorité des infirmier·ères choisissent le conventionnement, qui facilite la prise en charge des patients et donne accès à certaines primes.

Quelles primes puis-je toucher en tant qu'infirmière conventionnée ? Principalement la prime de convention, la prime télématique (liée à l'usage d'outils numériques agréés) et l'intervention pour la formation continue, sous réserve de respecter les conditions et délais de chacune.

Que se passe-t-il si l'INAMI contrôle ma facturation ? Le service de contrôle vérifie la cohérence entre les soins facturés et les soins réellement dispensés. Une facturation rigoureuse et des dossiers de soins à jour permettent d'aborder cela sereinement.

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